Partie II : l’Arménie, et les écoles de demain

 

L’Arménie s’est dotée d’un ministère de l’industrie des hautes technologies. Une pépinière de start-up, le Gyumri Technology Center, a vu le jour. Une appli arménienne, PicsArt, atteint 130 millions d’utilisateurs actifs par mois.  Microsoft a installé un de ses centres de recherche à Erevan. Nombreux sont les exemples qui ont désigné en 2019 l’Arménie comme pays hôte du WCIT – World Congress on Information Technology. Comment ce pays, ancienne province soviétique, et toujours en conflit avec l’Azerbaïdjan, peut prétendre à devenir une technopole internationale ?

Depuis 2008, sa jeunesse est formée à l’ingénierie grâce au réseau Armath, un programme éducatif périscolaire, présent dans les écoles publiques.

En 2011, est créé à Erevan le premier centre de création numérique, Tumo Center. Cet établissement, ultra design, trône dans la capitale. Les élèves y découvrent 14 disciplines en autoformation : vidéo, photographie, web développement, animation, robotique, nouveaux médias, écriture, musique, modélisation 3D, graphic design, dessin, jeu vidéo, programmation, motion graphic. Fort de ce succès, trois autres centres ont suivi sur le territoire, et une franchise s’est ouverte à Paris sept ans plus tard.

En 2014, le premier lycée internat international s’est installé en Arménie, à Dilijan, au nord du pays. Via un club périscolaire, des élèves du monde entier participent aux concours internationaux de robotique sous la bannière de l’équipe nationale d’Arménie. Membre du réseau UWC – United World Colleges, ce lycée vise à faire de l’éducation un vivier d’échanges culturels et scientifiques.

Depuis l’ère soviétique, ce pays a toujours misé sur les sciences pour se développer, via de grandes écoles de mathématiques et de physique-chimie. Aujourd’hui, il invite sa jeunesse à poursuivre un futur high tech, créant un contraste saisissant avec son héritage historique et son identité traditionnelle. L’Arménie saura-t-elle tracer ces deux univers parallèles ? Et la force de son système éducatif IT suffira-t-elle à proposer un avenir radieux ?

Arménie, octobre 2019